En 2050, les 60 ans et plus représenteront près d’un tiers de la population européenne. si les problèmes liés aux excès caloriques continuent d’accaparer l’attention, la dénutrition, qui touche surtout les aînés, est une autre réalité souvent trop discrète de nos sociétés vieillissantes. rencontre avec le Prof. André Van Gossum, Chef de Clinique à l’Hôpital érasme.
La dénutrition est un terme souvent mal compris. Elle désigne de manière explicite un déficit d’apport qui peut être multiple (énergie, protéines, vitamines, minéraux,…) et qui a des répercussions sur la qualité de vie. Elle se manifeste le plus souvent par un déficit pondéral, et se distingue d’un autre type de malnutrition, à savoir celui causé par des excès, et dont l’obésité est la principale expression. La dénutrition peut prendre différents visages qui nécessitent des réponses adaptées. Elle peut être liée à un jeûne (avec un manque particulier de protéines), un cancer (entraînant cachexie, anorexie), à une admission aux soins intensifs, ou encore – et c’est probablement la situation la plus fréquente – à l’âge. La dénutrition ne se manifeste pas seulement par une perte de poids, c’est l’ensemble de la masse musculaire qui est mis à mal, mais surtout une perte des fonctions
Le dépistage de la dénutrition est surtout orienté vers les aspects protéino-caloriques. Toutefois, il n’existe pas vraiment d’outil qui soit officiellement reconnu. La première étape du processus est une évaluation rapide qui, si le diagnostic est positif, conduit à une évaluation plus poussée de l’état nutritionnel.
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