Beaucoup d’obèses continuent à avoir une prise alimentaire trop importante, sans pour autant que la ghréline, orexigène, soit accrue. L’équipe Inserm de l’Université de Rouen vient d’élucider le mécanisme à l’origine de cette hyperphagie paradoxale: il repose sur des anticorps spécifiques.
Chez beaucoup de personnes obèses, la régulation de l’appétit est défectueuse. Cette hyperphagie contribue à maintenir un poids élevé, ou même à l’augmenter. C’est d’autant plus surprenant que l’hormone de la faim, la ghréline, produite par l’estomac et agissant sur l’hypothalamus, est retrouvée le plus souvent à un taux normal, voire bas, chez les patients obèses.
L’étude menée par ces chercheurs français révèle le mécanisme moléculaire de cette hyperphagie paradoxale. Ils ont mis en évidence dans le sang des patients obèses la présence d’anticorps particuliers, ou immunoglobulines qui reconnaissent la ghréline et modulent l’appétit. En se liant à la ghréline, les immunoglobulines protègent l’hormone de la faim de sa dégradation rapide dans la circulation. La ghréline peut alors agir plus longuement sur le cerveau et stimuler l’appétit.
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